Tout savoir pour bien choisir sa poêle, ou plutôt bien choisir ses poêles

D’une banalité déconcertante, la poêle est pourtant un ustensile plutôt technique dont les caractéristiques déterminent non seulement l’usage que l’on peut en avoir mais surtout la qualité des cuissons réalisées. Explications avec la marque de Buyer.

Bien choisir sa poêle, de Buyer

Le double paradoxe de la poêle

Élément basique de l’équipement de tous les cordons-bleus, il est tout à fait paradoxal de parler de la poêle au singulier car il existe non pas un seul type de poêle mais au moins 7 en fonction des matériaux utilisés pour leur fabrication. Chacun de ces matériaux a ses avantages et ses inconvénients qui font que chaque type de poêle est mieux adapté pour tel ou tel usage. Il est donc bien dommage que la langue française regroupe sous le même mot « poêle » (qui désigne une forme particulière) des ustensiles certes semblables mais aux performances de cuisson bien différentes et spécifiques.

Conséquence il y a poêle et poêle et tout le défi, pour l’acheteur que nous sommes tous un jour ou l’autre, consiste, une fois que l’on a décidé d’acquérir une poêle (et donc un ustensile de forme particulière), à non seulement identifier l’usage auquel on la destine mais aussi à bien choisir le matériau le mieux adapté à cet usage envisagé.

Second paradoxe de la poêle, qui se constate par ailleurs également pour les casseroles et autres éléments de batterie de cuisine, nous sommes nombreux, lors de l’achat, à porter un œil attentif sur le choix de notre gazinière, table de cuisson ou piano en examinant la taille, le modèle, le nombre de foyers, le ou les types des feux, la couleur… et nous sommes bien peu nombreux à être aussi impliqués pour bien choisir nos casseroles et nos poêles. Pourtant, il s’agit là d’ensembles qui vont de pair dont les performances finales dépendent tant de l’une que des autres. En un mot bien choisir sa table de cuisson suppose aussi de bien choisir ses casseroles et ses poêles et vice-versa ! Sur ce point il est plus que conseillé de respecter les indications des fabricants qui précisent la compatibilité de leurs modèles en fonction de la source de chaleur : gaz, plaque électrique, induction… ainsi que le montre l'exemple suivant :

Bien choisir sa poêle, de Buyer

L’objet de ce dossier consiste à lister et à expliquer les clés pour être sûr de faire le bon choix ! À ce titre, ce dossier a été réalisé avec la collaboration active d’un grand nom de l’équipement de la cuisine, fleuron de l’industrie française, la société de Buyer :

Logo de Buyer

De Buyer est une entreprise familiale implantée dans les Vosges qui, depuis 1830 (lien vers l’histoire de de Buyer), a pour spécialité la fabrication d’ustensiles de cuisine et de pâtisserie tant à destination des professionnels que des particuliers.

 

Bien choisir sa poêle, de Buyer

La poêle universelle n’existe pas !

La poêle est un exercice d’équilibriste tant pour le fabricant qui la conçoit que pour le consommateur qui doit la choisir car, hélas, la poêle universelle qui cuit tout de façon optimum n’existe pas ! En effet, une poêle se juge et s’apprécie sur 4 critères distincts qui sont le plus souvent antinomiques et à partir desquels il faut bien, pourtant, trouver le bon compromis. Ces 4 critères sont :

les performances de cuisson

Selon que l’on veut saisir une viande, faire mijoter un bourguignon ou bien cuire un fragile poisson…

le confort d’utilisation

Selon que l’on souhaite une poêle légère, à jupe arrondie ou facile à ranger…

l’entretien

Selon l’éventuelle nécessité d’un nettoyage rapide et facile ou que l’on ait le temps et l’envie de bichonner sa poêle…

le prix

Selon son budget et sa façon de le gérer !

 

Bien choisir sa poêle, de Buyer

Qu’est-ce qu’une poêle ?

Commençons par le début, la définition d’une poêle. La question peut sembler surprenante mais elle est d’importance au regard des règles de la gastronomie qui définissent précisément les tailles et proportions de chaque ustensile. La poêle est donc un ustensile de cuisson le plus souvent de forme circulaire, doté parfois d’un fond plat additionnel d’une épaisseur variable, d’un pourtour de faible hauteur, appelé jupe, et muni d’un manche dénommé queue. À noter qu’il existe aussi des poêles ovales ou rectangulaires dédiées à la cuisson des poissons. Dans ce cas, la queue est fixée dans l’axe de la plus petite largeur.

Les 2 rôles du fond de la poêle

Concernant le fond, lorsqu'il existe celui-ci a un rôle de radiateur, c’est-à-dire que sa fonction première consiste à bien diffuser la chaleur sur toute la surface de la poêle quand celle-ci est réalisée dans un matériau mauvais conducteur de la chaleur. Et plus le fond est épais et plus la diffusion se fait de façon homogène ce qui garantit d’autant des cuissons précises et maîtrisées. À partir de 2 ou 3 mm d’épaisseur, on peut raisonnablement considérer que le fond est suffisamment épais.

Le second rôle du fond correspond à la rigidité de la poêle. Rigidité à l’utilisation et rigidité dans la durée, ce qui confère à la poêle un caractère plus ou moins indéformable. En effet, par définition, une poêle est fréquemment soumise à d’importantes variations de températures d’amplitudes supérieures à 100 °C qui peuvent au fil du temps altérer sa planéité. Pour exemple, lorsqu’une poêle est posée sur un foyer elle est à température ambiante, soit environ 20 °C, puis pour saisir une viande elle doit monter à plus de 140 °C. Enfin, une fois la cuisson réalisée, la poêle refroidit et revient progressivement aux 20 °C ambiants. Au final, l’écart aura été de 120 °C ! Une fois dans un sens, une fois dans l’autre de surcroît. Pour cette raison, l’épaisseur du fond d’une poêle est un critère important car plus le fond est épais et plus la poêle est rigide et plus la durée de vie de l’ustensile sera longue ; la poêle conservant son caractère plat longtemps. D’ailleurs qui n’a jamais pesté contre une poêle achetée pas cher et à la va-vite mais qui en quelques semaines a vu son fond se bomber jusqu’à rendre la poêle quasiment inutilisable ?

Bien choisir sa poêle, de Buyer

Le fond additionnel sur une poêle sert de diffuseur de chaleur et rigidifie la structure. Selon le matériau de la poêle sa présence est indispensable ou non. Ici, exemple d'une poêle (à gauche) avec fond et (à droite) d'une poêle en acier sans fond additionnel.

De l’importance de la hauteur et de la forme de la jupe

La jupe d’une poêle peut être de différentes hauteurs. Les moins hautes correspondant aux poêles à crêpes (à partir d’un centimètre) tandis que les plus hautes ne dépassent guère les 5 centimètres. Cette hauteur conditionne en particulier la finalité et la capacité de la poêle : jupe haute et droite pour les pommes de terre rissolées (à gauche sur la photo) ou jupe basse et courbée (dite à coupe lyonnaise) pour les omelettes (à droite) par exemple :

Bien choisir sa poêle, de Buyer

La forme de la jupe est également un critère de choix important. Cette jupe peut en effet être droite ou bien, au contraire, galbée. Dans ce cas, l’on parle de « coupe lyonnaise »  ainsi que l’explique de Buyer « Les poêles à coupe lyonnaise correspondent à des poêles ayant une jupe haute, évasée et légèrement bombée qui rejoint le fond plat en formant un angle adouci. Cette ligne permet entre autres de faire sauter les aliments dans les règles de l’art selon la recette voulue. Avec une coupe lyonnaise, il est possible d’appliquer aux aliments un mouvement de retournement sur eux-mêmes. » Schéma à l’appui :

Bien choisir sa poêle, de Buyer, la coupe lyonnaise

Ce galbe permet de plus de rouler plus facilement une omelette et de faire glisser tout aussi plus simplement les aliments dans un plat ou une assiette au moment de servir.

Le manche, ergonomie et esthétique

Le manche (ou queue) d’une poêle a une triple mission. Il doit être ergonomique pour assurer une bonne prise en main et il doit limiter la transmission de chaleur pour rester le plus froid possible. Ces deux points assurant le confort d’utilisation. Enfin, il doit être… beau ! Eh oui, la poêle a aussi une dimension esthétique comme en témoigne la gamme French Collection signée de Buyer :

Bien choisir sa poêle, de Buyer

Cela explique la grande diversité existante en matières de queues de poêles tant en termes de formes, de tailles que de matériaux. Toutefois, à bon entendeur, face à cette diversité les professionnels ont un avis tranché. Le manche d’une poêle doit réunir :

une « queue feuillard »

Bien choisir sa poêle, de Buyer

La queue feuillard est une queue plate, en métal et incurvée en son centre dans la longueur. Cela apporte d’une part une excellente rigidité au manche (la queue ne peut se plier) et d’autre part une non moins excellente ergonomie puisque l’on peut placer le pouce sur le dessus de manière confortable.

une cambrure à la française

Il s’agit là d’un profil de queue bien spécifique tel qu'on le voit sur cette photo :

Bien choisir sa poêle, de Buyer

À noter également, le profil évasé de la jupe dite coupe lyonnaise. 

Les avantages de cette cambrure à la française sont nombreux et de Buyer en dénombre au moins 4, elle permet :

  1. d’éloigner la main de la source de chaleur et, ainsi, d’avoir une queue plus froide,
  2. d’équilibrer la préhension de la queue car le centre de gravité de la poêle est dès lors situé en dessous de l’axe du manche,
  3. de faciliter la prise en main notamment sur les poêles les plus lourdes. La cambrure à la française permettant en particulier de caler l’extrémité de la queue sous l’avant-bras qui fait alors office de contrepoids naturel et… confortable !
  4. de verser ou de saucer avec plus de précision.

À examiner : la fixation du manche

Au-delà de son ergonomie et de son esthétique, un ultime point concernant la queue d’une poêle est à examiner avant l’achat : le point de jonction de l’une à l’autre. Cette fixation a recours soit à la soudure, soit à des rivets :

Bien choisir sa poêle, de Buyer

soit à un principe de manche vissé, soit encore à un dispositif de fixation amovible qui reste à privilégier si l’on dispose de peu de place pour le rangement de la poêle. Il convient également de préférer les queues en métal pour d’évidentes raisons de résistance à la chaleur dans la durée. Il n’est pas rare en effet de voir sur les modèles d’entrée de gamme les manches réalisés en matières synthétiques craqueler au fur et à mesure des cuissons, surtout sur la partie la plus proche du foyer, et finir par rompre pouvant par là même potentiellement provoquer un accident domestique.

 

Quand le matériau « fait » la poêle

À ce stade, nous savons désormais comment bien choisir sa poêle en fonction de l’épaisseur de son fond, de la forme de sa jupe et du type de sa queue. Ne reste plus qu’à bien choisir le matériau dont elle est faite. Sur ce point, il existe aujourd’hui 7 grandes familles de matériaux que sont :

  1. l’acier (à base de fer),
  2. la fonte,
  3. le cuivre,
  4. l’aluminium,
  5. l’inox,
  6. l’anti-adhésif,
  7. la céramique.

Chacun de ces matériaux présente des caractéristiques physiques qui, pour ce qui concerne la cuisine, correspondent à :

l’alimentarité

Il s’agit, précise de Buyer « de l’aptitude d’un matériau à être en contact avec des aliments sans qu’il n’y ait d’effet nuisible sur la qualité et la saveur de ceux-ci et donc sur la santé et sur le plaisir de la dégustation. »

la conductibilité thermique

C’est la capacité du matériau à conduire et à répartir la chaleur que lui transmet le feu sur lequel est posée la poêle. Cette conductibilité thermique se mesure en W/cm.°C, soit en watt transmis par centimètre carré pour une élévation de 1 degré Celsius (ou centigrade). Plus cette conductibilité est élevée et plus le matériau est apte à conduire et à répartir sans perte la chaleur de façon homogène. Un - très - bon point pour la cuisson !

la densité

La densité définit le nombre de gramme par mètre cube, elle conditionne donc le poids d’une poêle pour une forme identique donnée. Ainsi, une poêle en fonte sera plus lourde qu’une poêle en aluminium pour un gabarit strictement identique.

le niveau d’adhérence

L’on pourrait penser que moins un matériau est adhésif et mieux c’est pour la cuisson mais les choses ne sont pas aussi simples que cela et nous verrons, notamment dans le cas des poêles en tôle d’acier, comment une adhérence élevée devient un atout !

la sensibilité à divers agents agressifs

Il s’agit là de la résistance du matériau à différents éléments extérieurs dont la chaleur, les produits à vaisselle et les chocs mécaniques.

 

Bien choisir sa poêle, de Buyer

Grâce à ses extraordinaires qualité de cuisson, le cuivre demeure le matériau préféré des professionnels et des cordons-bleus avertis.

6 matériaux pour 6 types de cuisson et 6 usages bien spécifiques

Tour d’horizon des différents avantages et inconvénients de chacun des 6 matériaux actuellement disponibles sur le marché :

l’acier

La tôle d’acier est essentiellement composée de fer avec une certaine dose de carbone qui lui donne le statut d’acier. Ce sont les bonnes vieilles poêles de nos grands-mères qui ont l’avantage de ne pas être chères, de saisir, de griller et de dorer à la perfection grâce à une conductibilité élevée et une montée en température rapide et uniforme.

Leur niveau d’adhérence est plutôt élevé et devient un avantage grâce à 2 phénomènes :

la réaction de Maillard

La réaction de Maillard correspond à une série de réactions chimiques qui apparaissent lors de la cuisson. Elles consistent notamment à provoquer sur la surface en contact avec le fond de la poêle une cautérisation qui crée ainsi comme une paroi externe de moins en moins perméable et qui enferme de la sorte dans l’aliment l’eau et les éléments organoleptiques responsables de la valeur nutritive et du goût d’un aliment. Pour exemple, grâce à la réaction de Maillard, une viande que l’on souhaite saisir doit être cuite à environ 140-145 °C pour que se forme une croûte autour de la pièce de viande :

Bien choisir sa poêle, de Buyer

De façon très naturelle, la viande va commencer par attacher au fond de la poêle en tôle d’acier puis progressivement l’adhérence va diminuer et il sera dès lors possible de retourner la viande, sans la piquer, pour que la réaction de Maillard intervienne sur l’autre face. Puis la durée de la cuisson décidera si la viande est cuite selon la terminologie habituelle via les grades : bleu, saignante, à point ou bien cuite. Et dans tous les cas, la réaction de Maillard aura préservé et amplifié la valeur nutritive et gustative de la viande ! D’ailleurs, 2 grandes figures de la gastronomie française relèvent de la réaction de Maillard : la baguette et la frite. Dans les 2 cas, à partir d’une structure homogène quand la pâte ou la pomme de terre est crue, la réaction de Maillard crée lors de la cuisson (de la friture) à la fois une croûte externe et un cœur moelleux !

le culottage

Deuxième phénomène tout aussi naturel et bénéfique que la réaction de Maillard, le culottage d’une poêle en fer ou en tôle d’acier se fait au fur et à mesure de chaque cuisson. Dans le détail, la surface non lisse de la poêle accroche les graisses qui cuisent et finissent par culotter la poêle qui, de ce fait, devient de plus en plus noire. Avantage, la poêle en acier culottée devient naturellement de plus en plus anti-adhésive !

Bien choisir sa poêle, de Buyer

À l'arrière, une poêle en cours de culottage, à l'avant une poêle en fer ou acier parfaitement culottée qui devient naturellement à chaque utilisation encore un peu plus anti-adhésive.

Toutefois, au regard de ces 2 avantages de la poêle en acier, réaction de Maillard et culottage, l’entretien d’un tel ustensile mérite une attention particulière. S’il suffit de laver à l’eau chaude sans produit à vaisselle la poêle en acier puis à l’essuyer soigneusement, il convient également de surveiller toute apparition éventuelle de point de rouille, point faible de la tôle d’acier. Premier réflexe, il est opportun d’huiler légèrement la poêle en acier afin que la surface ne soit pas au contact de l’air et de l’humidité ambiante, ce qui supprime tout risque d’oxydation indésirable. Et si malgré tout, une pointe de rouille apparaît, la solution s’avère simple : il suffit de gratter la rouille avec une éponge abrasive puis de reculotter la poêle en faisant cuire un fond d’huile que l’on jette dès l’apparition des premières fumées ! :

Bien choisir sa poêle, de Buyer

De Buyer propose une vidéo informative concernant ses poêles en acier « Carbone Plus », bande sonore uniquement musicale, sans texte ni commentaire, durée 3m12s :

De Buyer propose également cette vidéo concernant ses poêles en fer Mineral B Element protégées d’une fine couche de cire d’abeille. Le principe du culottage y est expliqué en détail. Bande sonore uniquement musicale, sans commentaire, textes en français, durée 5m6s :

la fonte

Les poêles en fonte se montrent sur presque tous les points comparables aux poêles en acier (bonne conductibilité thermique, culottage naturel et souhaitable et entretien particulier) à deux exceptions près. D’une part la haute densité de la fonte en fait des objets lourds difficiles à manipuler pour certaines personnes (jusqu’à parfois rendre nécessaire une prise à deux mains !) D’autre part, malgré son caractère massif, la fonte est fragile et peut casser en cas de choc violent ou de chute.

le cuivre

Le cuivre est la Rolls de la cuisson parce qu’il présente une conductibilité extraordinaire, en fait la meilleure des 7 matériaux et de loin. Pour l’heure, la conductibilité du cuivre est de 4 W/cm.°C, soit près de 2 fois plus que l’aluminium (2,37 W/cm.°C) et bien au-delà de l’acier (qui affiche 0,8 W/cm.°C). De plus, sur le plan visuel, le cuivre présente un avantage évident car il est chaud, coloré et brillant. Mais, hélas, cette matière s’avère d’une très mauvaise alimentarité et ne doit donc pas être en contact direct avec la plupart des aliments (à l’exception notable du sucre, d’où son grand usage en pâtisserie !) Pour cette raison, les poêles en cuivre (comme les casseroles) sont revêtues dans leur partie intérieure d’étain (parfois d’inox) qui, lui, affiche une innocuité culinaire bienvenue, c’est ce qu’on appelle l’étamage. A contrario, si l’étamage permet de bénéficier des atouts culinaires et esthétiques du cuivre, celui-ci amène 2 contraintes lourdes. D’une part, l’entretien doit être méticuleux et réalisé avec une pâte spéciale de préférence après chaque utilisation. Cela exclut notamment tout lavage en lave-vaisselle ! D’autre part, l’étamage s’usant naturellement, il faut régulièrement rétamer la poêle en cuivre, c’est-à-dire redéposer une fine couche d’étain. Une opération qui nécessite l’intervention d’un professionnel et qui s’avère onéreuse.

D’ailleurs, le 3e point noir de la poêle en cuivre correspond lui aussi au prix. Le cuivre étant une matière première coûteuse, la poêle en cuivre se montre, elle aussi,… coûteuse !

l’aluminium

L’aluminium a fait son entrée progressive dans les cuisines fin XIXe, début XXe en venant remplacer les traditionnels ustensiles en cuivre. Si l’aluminium se montre bon conducteur de la chaleur (conductibilité de 2,37 W/cm.°C) et à ce titre un matériau idéal pour mijoter, il présente un défaut majeur : on ne peut laisser dans une poêle (ou une casserole) en aluminium un aliment qui vient d’être cuit au risque d’altérer fortement ses qualités nutritives et gustatives. Il convient donc, sitôt la cuisson réalisée, de réserver, c’est-à-dire de verser dans un plat le mets venant d’être cuit. À ce titre, il convient bien mieux à un usage professionnel que chez Monsieur et Madame Toutlemonde.

l’inox

En toute logique l’acier inoxydable, dit inox, est à proscrire de toute cuisine tant sa conductibilité est mauvaise ce qui le place parmi les pires matériaux en termes de cuisson. Toutefois, l’inox présente l’avantage d’un entretien facile, très facile même, et cela explique son succès depuis son apparition dès les années 50. D’autant que son défaut de conductibilité est astucieusement atténué par l’ajout fréquent d’un fond qui, lui, s’avère bon conducteur et diffuseur de la chaleur. À noter que ce défaut de conductibilité disparaît pour toutes les cuissons où intervient de l’eau bouillonnante à l’instar des bains-marie ou de la cuisson des pâtes car, dans ce cas, c’est l’eau elle-même qui remplit le rôle de diffuseur de chaleur.

l’anti-adhésif

Concernant l’historique des anti-adhésifs, de Buyer explique « Dans les années 1930, les magasins commençaient à sélectionner leurs produits en fonction des prix. Afin de baisser les coûts de production, les fabricants d’ustensiles de cuisine diminuèrent l’épaisseur de leurs produits en aluminium. La conséquence fut que les aliments accrochaient et brûlaient. Pour pallier ce problème, ces ustensiles furent revêtus d’un antiadhésif en silicone avec un fort pouvoir anti-adhérent mais qui résistait mal à la chaleur. Puis, en 1954, apparut la première poêle avec un revêtement anti-adhésif en PTFE, plus résistant à l’abrasion et à la chaleur. Pour que le PTFE accroche à l’aluminium, la surface du métal était décapée avec un acide toxique appelé PFOA qui n’est plus utilisé aujourd’hui dans la fabrication d’articles culinaires. »

Aujourd’hui, ces poêles anti-adhésives ont, à juste titre, pour représentants les plus connus les poêles Tefal. De fait, le nom Tefal provient de la contraction des mots Téflon, nom commercial d’un anti-adhésif mis au point par la société Dupont de Nemours, et aluminium !

Outre la faculté de ne pas accrocher les aliments lors de la cuisson, la très faible adhérence de ces poêles a aussi l’avantage d’un entretien facile car un coup d’éponge non abrasive et un peu d’eau chaude viennent à bout des salissures. À l’inverse, le revêtement anti-adhésif témoigne d’une faible résistance mécanique tant aux brusques variations de températures qu’aux chocs mécaniques. Attention donc à ne jamais passer sous l’eau froide une poêle anti-adhésive tant qu’elle n’a pas entièrement refroidi et à ne jamais laisser une poêle anti-adhésive monter en température à vide. Ce dernier point explique en particulier pourquoi certaines marques placent au centre de leurs poêles une pastille qui change de couleur en fonction de la température justement pour indiquer à l’utilisateur que tel seuil est atteint. Attention également aux coups de couteau ou de fourchette lors de la cuisson. Une spatule en bois ou un accessoire en matière synthétique souple ou semi-rigide étant dans ce cas hautement préférables.

Enfin, côté usage et contrairement à une idée reçue, les poêles anti-adhésives ne sont pas à considérer comme de simples poêles pratiques dédiées essentiellement à préparer des repas rapides chez soi. De fait, leur caractère anti-adhésif séduit même les professionnels qui utilisent volontiers ces poêles dans deux cas de figure bien précis : pour réchauffer un plat déjà préparé et mis de côté, et lors des cuissons de produits sensibles qui exigent douceur et délicatesse tels que le poisson ou le foie gras. A contrario, ces poêles sont à bannir pour saisir et rissoler car elles empêchent la réaction de Maillard.

Cela signifie donc que la poêle anti-adhésive constitue le parfait équipement complémentaire d’une poêle en cuivre ou en acier.

la céramique

Dernières nées dans la famille des poêles, les modèles en céramique ont le vent en poupe depuis quelques années. Présentées comme une alternative plus respectueuse de l’environnement que les traditionnelles poêles anti-adhésives à base de PTFE, les poêles céramique sont déclarées d’un niveau anti-adhésif comparable tout en étant plus « naturelles ». Sous ces atours séduisants dont un entretien facile, les poêles céramique font néanmoins montre d’une fragilité certaine. Elles sont particulièrement sensibles à de hauts niveaux de températures qui, lorsqu’ils sont malencontreusement dépassés, réduisent irrémédiablement à néant leur capacité anti-adhésive. Et ce de façon totalement indétectable pour l’utilisateur. À noter qu’elles craignent également les chocs mécaniques violents et qu’elles peuvent donc casser.

 

Ultime critère de choix, le prix

Si vous avez lu notre dossier jusqu’ici, vous savez désormais comment bien choisir votre poêle ou plutôt vos poêles car il apparaît effectivement que, la poêle universelle n’existant pas, les cordons-bleus sauront s’équiper de plusieurs poêles, chacune répondant à leurs besoins spécifiques de maîtres-queux.

Reste alors la question du prix. Celui-ci, pour une poêle, peut varier, en fonction de sa taille et de ses caractéristiques, d’un facteur de 1 à 20 voire plus. Ainsi, certains modèles premiers prix se trouvent à 20 € le lot de 3 lors de promotions en grande surface alimentaire (le plus souvent Made in vous savez où…) quand d’autres références, en cuivre notamment, peuvent flirter avec les… plus de 400 € !

Dans ces conditions, bien choisir sa poêle revient à bien comprendre qu’il n’y a pas de miracle et ce n’est nullement un hasard si certains fabricants garantissent leurs poêles pour de nombreuses années, voire à vie. En d’autres termes, nous ne pouvons que vous conseiller de considérer l’achat d’une ou de plusieurs poêles comme un véritable investissement réfléchi. Outre le plaisir et la satisfaction de cuisiner proprement et de façon 100 % adaptée à chaque type de cuisson, le bon calcul consiste à acheter une poêle de qualité une fois (à 100 € par exemple) plutôt que d’en acheter une de piètres performances et de courte durée de vie chaque année au prix virtuellement attractif de 20 € ! En un mot, en matière de poêles, comme dans bien d’autres domaines, l’adage populaire « Je n’ai pas les moyens d’acheter bon marché » s’avère d’une incroyable pertinence !

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